Arthur Rimbaud, les Sœurs de charité, poème

Texte-​amant.
Arthur Rimbaud mourant

Ar­thur Rim­baud mou­rant, des­sin d’Isabelle Rim­baud
 © Source : Gal­lica – B.N.F.

« Le jeune homme dont l’œil est brillant, la peau brune,
Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu,
Et qu’eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune
Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu,

Im­pé­tueux avec des dou­ceurs vir­gi­na­les
Et noi­res, fier de ses pre­miers en­tê­te­ments,
Pa­reil aux jeu­nes mers, pleurs de nuits es­ti­va­les,
Qui se re­tour­nent sur des lits de dia­mants ;

Le jeune homme, de­vant les lai­deurs de ce monde,
Tres­saille dans son cœur lar­ge­ment ir­rité,
Et plein de la bles­sure éter­nelle et pro­fonde,
Se prend à dé­si­rer sa sœur de cha­rité.

Mais, ô Femme, mon­ceau d’entrailles, pi­tié douce,
Tu n’es ja­mais la Sœur de cha­rité, ja­mais,
Ni re­gard noir, ni ven­tre où dort une om­bre rousse,
Ni doigts lé­gers, ni seins splen­di­de­ment for­més.

Aveu­gle ir­ré­veillée aux im­men­ses pru­nel­les,
Tout no­tre em­bras­se­ment n’est qu’une ques­tion :
C’est toi qui pends à nous, por­teuse de ma­mel­les,
Nous te ber­çons, char­mante et grave Pas­sion.

Tes hai­nes, tes tor­peurs fixes, tes dé­faillan­ces,
Et les bru­ta­li­tés souf­fer­tes au­tre­fois,
Tu nous rends tout, ô Nuit pour­tant sans mal­veillan­ces,
Comme un ex­cès de sang épan­ché tous les mois.

Quand la femme, por­tée un ins­tant, l’épouvante,
Amour, ap­pel de vie et chan­son d’action,
Vien­nent la Muse verte et la Jus­tice ar­dente
Le dé­chi­rer de leur au­guste ob­ses­sion.

Ah ! sans cesse al­téré des splen­deurs et des cal­mes,
Dé­laissé des deux Sœurs im­pla­ca­bles, gei­gnant
Avec ten­dresse après la science aux bras al­mes,
Il porte à la na­ture en fleur son front sai­gnant.

Mais la noire al­chi­mie et les sain­tes étu­des
Ré­pu­gnent au blessé, som­bre sa­vant d’orgueil ;
Il sent mar­cher sur lui d’atroces so­li­tu­des.
Alors, et tou­jours beau, sans dé­goût du cer­cueil,

Qu’il croie aux vas­tes fins, Rê­ves ou Pro­me­na­des
Im­men­ses, à tra­vers les nuits de Vé­rité,
Et t’appelle en son âme et ses mem­bres ma­la­des,
Ô Mort mys­té­rieuse, ô sœur de cha­rité. »


  1. Ainsi soit-​elle Mios­sec (Live at Slap, 2002) 3:04

Rutebeuf, la Complainte, trois versions

Je pu­blie ce mes­sage pour exor­ci­ser, ce de­vait être le der­nier. Il date du 22 avril mais avait été pré­paré des mois au­pa­ra­vant. D’un trop long voyage j’ai lon­temps voulu faire une œu­vre. Cette lutte n’aura plus lieu : ja­mais je ne me sui­ci­de­rai. La vie ma belle amante. Les âmes bat­tues par les flots de lait ou de pé­tro­les, mes amis choi­sis dé­sor­mais. Amour.

Aux ailleurs qui font des leur(re)s : res­tez chez vous.
À cel­les et ceux qui se sont dit qu’ils le sa­vaient et n’y pou­vaient rien… : rien, ab­so­lu­ment rien non-​plus (dans le cas in­verse vous m’auriez sauvé la vie, je vous le ga­ran­tis).
À tous les au­tres (sans ex­cep­tion) : par dé­faut je vous aime très dé­rai­son­na­ble­ment, jusqu’à ne plus sa­voir si je ne se­rais pas vous, par choix, pas par ha­sard.
À mon meilleur ami Mat­thieu, qui s’en ira loin : trouve-​toi chez eux s’il te plaît. Fais ça pour moi. 😉
À ma meilleure amie Hé­lène : je n’ai pas cessé de pen­ser à toi, à ta si­tua­tion, à ta souf­france in­com­men­su­ra­ble de­puis qu’on se connaît, ne laisse plus les sa­lauds te gâ­cher l’existence.
À mes pa­rents : bon cou­rage, je vous aime. Vous avez sou­vent fait ce qu’il fal­lait, mal­heu­reu­se­ment vous avez aussi fait tout ce qu’il ne faut ja­mais faire.
À tous les ma­la­des psy­chi­ques : n’acceptez ja­mais d’être consi­dé­rés comme anor­maux, les cons sont anor­maux, il s’en trouve bien plus parmi les gens conve­na­bles qui vous ju­gent. Informez-​vous et in­for­mez vos pro­ches et amis sur vo­tre ma­la­die. Ne cé­dez pas à vos dé­mons, gar­dez le cœur pur (vo­tre pro­blème vient en par­tie de là, chan­gez donc de che­min pas de cœur). Ne lâ­chez rien, ne lais­sez pas­ser au­cun mé­pris.
À cel­les à qui je l’ai dit en per­sonne, « Je t’aime », à cel­les à qui je n’ai pas osé le dire : vous se­rez en moi éter­nel­le­ment. 29 ans que je vis grâce à vous mes­de­moi­sel­les. Au­cune en­vie d’avoir une pré­fé­rée, vous étiez plu­tôt nom­breu­ses à être tour à tour ma plus ra­vis­sante et ma plus sub­tile pré­fé­rée. Si je vous dis qu’à cha­cune je dois des mois ou des an­nées de pas­sion dé­vo­rante, je se­rais en deçà de la vé­rité. Je vous dois ma sur­vie jusqu’ici.
À N. M.-M., É., A. C., C. G., S. G., D., C. L. B., G. A… 💘

Joan Baez, Pau­vre Ru­te­beuf, chan­son de Léo Ferré (adap­tée de la Com­plainte de Ru­te­beuf).

La Vie — la mienne, celle des au­tres —, c’est elle ma vé­ri­ta­ble amou­reuse. Si vous vou­lez tout sa­voir, le 27 sep­tem­bre 2013 à 4h50 j’ai su que je ne m’en sor­ti­rai plus ja­mais.
Quand vous li­rez ce mes­sage je ne se­rai plus là. Paix, amour in­con­di­tion­nel je vous en sup­plie. Adieu… il n’y a pas d’autre mot.
 💜

Version originale

« Li mal ne sevent seul venir ; 
Tout ce m’estoit a avenir, 
S’est avenu. 
Que sont mi ami devenu 
Que j’avoie si pres tenu 
Et tant amé ? 
Je cuit qu’il sont trop cler semé ; 
Il ne furent pas bien femé, 
Si ont failli. 
Itel ami m’ont mal bailli, 
C’onques, tant com Diex m’assailli 
En maint costé, 
N’en vi un seul en mon osté. 
Je cuit li vens les a osté, 
L’amor est morte. 
Ce sont ami que vens enporte, 
Et il ventoit devant ma porte 
Ses enporta.
C’onques nus ne m’en conforta 
Ne du sien riens ne m’aporta. 
Ice m’aprent 
Qui auques a, privé le prent‮; 
Més cil trop a tart se repent 
Qui trop a mis 
De son avoir pour fere amis, 
Qu’il nes trueve entiers ne demis 
A lui secorre. 
Or lerai donc fortune corre 
Si entendrai a moi rescorre 
Si jel puis fere »

Ru­te­beuf,
la Com­plainte1.

Interprétation

« Les maux ne savent pas seuls venir ; 
Tout ce m’était à advenir 
S’est advenu. 
Que sont mes amis devenus 
Que j’avais de si près tenus
Et tant aimés ? 
Je crois qu’ils sont trop clair semés ; 
Ils ne furent pas bien fumés, 
[aus]Si sont fanés. 
De tels amis ne m’ont pas protégé, 
Jamais, quand Dieu m’a assailli 
En maint côtés, 
N’en vit un seul dans ma demeure, 
Je crois le vent les a ôtés, 
L’amour est morte. 
Ce sont amis que vent emporte 
Et il ventait devant ma porte, 
[aussi] Les emporta. 
Jamais nul ne me conforta 
Ni du sien rien ne m’apporta. 
Ceci m’apprend : 
Ce qu’aucun a, l’ami le prend ; 
Mais c’est trop tard qu’il se repent 
D’avoir trop mis 
De son avoir pour faire amis 
Qu’il ne trouve entiers ni demis 
A son secours. 
Je laisserai fortune courr[ir], 
Et n’entendrai qu’à moi rescousse 
Si je puis faire »

Mau­rice des Ulis (in­ter­pré­ta­tion)2.


Adaptation en français moderne

« Que sont mes amis devenus 
Que j’avais de si près tenus 
Et tant aimés 
Ils ont été trop clairsemés 
Je crois le vent les a ôtés 
L’amour est morte 
Ce sont amis que vent me porte 
Et il ventait devant ma porte 
Les emporta

Avec le temps qu’arbre dé­feuille 
Quand il ne reste en bran­che feuille 
Qui n’aille à terre 
Avec pau­vreté qui m’atterre 
Qui de par­tout me fait la guerre 
Au temps d’hiver 
Ne convient pas que vous ra­conte 
Com­ment je me suis mis à honte 
En quelle ma­nière

Que sont mes amis de­ve­nus 
Que j’avais de si près te­nus 
Et tant ai­més 
Ils ont été trop clair­se­més 
Je crois le vent les a ôtés 
L’amour est morte 
Le mal ne sait pas seul ve­nir 
Tout ce qui m’était à ve­nir 
M’est ad­venu

Pau­vre sens et pau­vre mé­moire 
M’a Dieu donné, le roi de gloire 
Et pau­vre rente 
Et droit au cul quand bise vente 
Le vent me vient, le vent m’évente 
L’amour est morte 
Ce sont amis que vent em­porte 
Et il ven­tait de­vant ma porte 
Les em­porta »

Mau­rice des Ulis,
la Gries­che d’Hiver (in­ter­pré­ta­tion)3.


.– _​/ s. d. s. p. \*/​-–—/​/​



Tout doux liste

Au re­voir. 😑, « Une pro­chaine fois peut-​être. »


Sinon vous avez déjà entendu Rutebeuf récité par un comédien du journal culturel de radio PTT en 1924 ? 😘

  1. Ce co­mé­dien de re­nom­mée DÉPARTEMENTALE était vrai­ment très doué pour son épo­que (il a mal­heu­reu­se­ment péri tra­gi­que­ment lors d'un ac­ci­dent d'aspirateur en 1945 après avoir sur­vécu à trois cri­ses d'urticaire ai­guës, non mais très très ai­guës) Ad­mi­rez la qua­lité du mon­tage (ir­ré­pro­cha­ble, merci) 1:52

  1. Source : [Goo­gle Li­vres]. 
  2. [Re­trou­ver la source.] 
  3. Source : wfr​.tcl​.tk

l’Accident d’un fragment de CouleurS et d’ÉpiceS, accident .css

Pro­blème ré­glé !

Une por­tion de p’tit bout de fil de feuille de style s’est ab­senté. À l’occasion “it’ll find his good ol’ way back home kid ! ohhhh bro­ther!” Let­tri­nes, pe­ti­tes caps, ima­ges, mar­ques de sé­pa­ra­tion — feuilles al­di­nes et as­té­ris­mes de consé­quence — corps des fon­tes, ali­néas, ali­gne­ments, tout y est passé. RIP Meule de foin de pa­tience. J’ai fait une grosse conne­rie en sou­hai­tant re­pas­ser par le sim­ple champ de texte in­clus dans les op­tions de mon thème Read, alors qu’une feuille .css dis­tante per­met­tait jusque-​là, rap­pa­triée en lo­cal puis ré-​uploadé, d’assortir de pe­tits ca­pri­ces es­thé­ti­ques la feuille de base de Read dans mon édi­teur de texte brut An­droid pré­féré, Droi­dE­dit. L’absence d’un bon c-​etait_​mieux_​avant_​parce_​que_​quand_​on_​foirait_​il_​n-​y_​avait_​pas d-autre_solution_que_de_donner_un_petit_coup_de_gomme.css peut être très très aga­çante. Ayant main­te­nant fait l’opération in­verse, rien n’a changé puis­que le frag­ment qui s’est échappé ou dé­com­posé dans le corps du do­cu­ment a dis­paru ou a perdu en bonne in­ten­dance, donc en lo­gi­que bê­te­ment hié­rar­chi­que, en­tre deux mal­heu­reux copier-​coller. Voilà…! /​/​/ On a vu mieux, on a fait pire. /​/​/ Plus ou moins deux ans de tra­vail per­dus. Ça c’est fait √

Imagine le reste I : Laurence P.-V.


«Vous me demandez comment je devins un fou. Cela m’arriva ainsi : un jour, bien avant que de nombreux dieux ne fussent nés, je m’éveillai d’un profond sommeil et trouvais que tous mes masques étaient volés, les sept masques que j’ai façonnés et portés durant sept vies ; je courus alors sans masque à travers les rues grouillantes de la ville en criant : “Aux voleurs ! Aux voleurs ! Aux maudits voleurs !”
Et quand j’atteignis la place du marché, un jeune homme, debout sur le toit d’une maison, s’écria : “C’est un fou.”
Je levais la tête pour le regarder ; le soleil embrassa mon propre visage nu pour la première fois. Pour la première fois le soleil embrassa mon propre visage nu et mon âme s’enflamma d’amour pour le soleil, et je ne voulus plus de mes masques.
Et dans ma folie, j’ai retrouvé à la fois ma liberté et ma sécurité ; la liberté d’être seul et la sécurité de n’être pas compris ; car ceux qui nous comprennent nous asservissent de quelque manière. »

Gi­bran Kha­lil Gi­bran,
« le Fou »,
le Fou,
1001 nuits, 1997, p. [?]1.



  1. This is Why ! [In­achevé, nov. 2012] Dua­lias 3:18
  2. Mémo du 14 jan­vier 2014 (très chiant et plein de re­don­dan­ces) Dua­lias 25:39

  1. Ré­édi­tion de l’œuvre da­tant de 1918

Tranche de rencontre II : Un photographe qui tire sa maison

Dans deux boi­tiers1, — si tout va bien ! 😁 at­ten­dent des por­traits d’un jeune homme avec une clo­chette sur sa canne à pique-​flics, ac­cro­ché à sa toute pe­tite mai­son qui — elle — rou­lait, ou bien à l’épaule. Nou­velle sai­son ! Épi­que.

Aux sans-​dents bé­né­fi­ques dans nos mai­sons de Lune.
À un pho­to­gra­phe ren­con­tré hier soir en mon­tant dans sa suite, cé­leste as­cen­seur sans ses cen­su­res, qua­si­ment sans chaus­su­res, en quasi-​sans-​culottes, nous avons fait Pa­ris, que la rue, du bruit, la nuit, et dé­rangé des gens2.

À Jean-​Michel Four­nié.

Guérir sous les tropiques

Ascen­dance bé­né­fi­que dans ma mai­son de Lune
Deux-​trois idéo­lo­gues nie­ront cro­quer ma thune
À n’y voir que des my­thes, à ré­cla­mer For­tune
Comme on lit, les mains sa­les, à ne pas en re­pren­dre…
D’ami, de nouveau-​né !
Ou pro­pres de l’excuse…?!

Un chat ver­rait d’Amour par ses yeux de por­phyre tout ce qui nuit au jour.
Ve­lours, par­fums se mê­lent en une an­cienne Grasse,
Noire.
Une ville bien sa­lope !
Sou­ve­nirs in­ter­lo­pes :
Une patte de ve­lours dans un gant au­ri­fère,
Qu’on exé­cute en pleurs comme des Vier­ges Im­pu­res.

Donc un bai­ser volé dans un resto de fa­bles, un Répu’ sans pa­la­ces, rien de buc­cal, la te­nan­cière est très ai­ma­ble.
Deux kids un peu sa­la­ces, et qui n’oseront s’étendre.

La Li­berté me coûte la lu­mière que tu n’as, dune d’un ar­gent vif, d’un So­leil mé­pri­sant que je tiens par la main.
Et trois sous de vaut-​rien dans la po­che d’un en­fant, d’un bon­homme de Mar­seille !

Tout pen­ché sous ta plume,
J’aurais, dans ta joie, rou­lant les pe­ti­tes rues, as­sisté un vieillard n’en ayant pas be­soin.

Une canne, une pi­que, cer­tains ri­go­le­ront, d’autres se pi­quent de trouille de le voir al­ler bien.

Dix mé­de­cins déjà du gai-​savoir se les­tent
Au che­vet d’un Cé­leste
Qui n’aura des­cen­dance.

Le vieux rit aux éclats de ces dé­fis du jour :
Fi­nit sa nuit vo­lant, des pas­sa­ges, des pho­tos, pa­riant sur l’amour, des pas­sants, des voi­lées, pa­ri­sien­nes es­souf­flées.

Et l’épicier en­rage de s’être fait volé par une nuit d’image aux faux-​airs d’épicier.

Qui n’a en fait de noirs que trois boi­tiers tech­ni­ques — et tous sont à lui, et nous tous dé­ro­bés : « Cet homme est un clo­chard. »

Deux can­cers le cha­touillent.

Le mien se ma­ni­feste — ou alors… nous ver­rons ! — al­lez donc sa­voir l’héritage qu’il nous reste.

Gué­rir sous les tro­pi­ques ?

J’en ai tou­ché de toi et je t’en rends les res­tes.


Quel­ques cli­chés que j’ai pris de J.-M. (qu’il m’a ap­pris à pren­dre au Leica M33), qu’il aura déjà changé pour un M6 aujourd’hui se­ront dis­po­ni­bles dès que pos­si­ble (on parle de 24×36 là, d’argentique, voilà… pas les moyens 😊), j’espère pou­voir ti­rer avec DxO 10 des .jpeg pris au Ni­kon D3 pas trop dé­gueux…^^ J’ai passé avec cet homme, qui n’est pro­ba­ble­ment pas si vieux, une des soi­rées les plus ex­tra­or­di­nai­res de ma vie. Merci…


  1. Je suis floue Pau­line Croze 1:53
  2. Dans la cha­leur des nuits de pleine lune Pau­line Croze 2:23
  3. Mise à nu Pau­line Croze 3:29
  4. Je fe­rai sans Pau­line Croze 3:19
  5. Jeu­nesse af­fa­mée Pau­line Croze 3:35
  6. Quand je suis ivre Pau­line Croze 3:28

  1. Tro­pi­ca­li­sés bien sûr. Dé­solé j’ai… pas ré­sisté. 
  2. Eh, et oim j’ai dé­clamé des haï­kus dans un mi­cro sur fond d’électro dans une ré­soi genre on sais pas d’où elle sort, d’ailleurs c’était à moi­tié de­hors, et lire des haï­kus au mi­cro dans un ha­mac qui ba­lance, avec T.H.C. bien gras, sand­wich au ca­mem­bert et au co­chon et des mé­lan­ges qui ne pas­sent pas l’éthylotest dans le bi­don… bah du coup je suis pas ren­tré à l’hôpital, j’suis po­si­tif à tout. Mince… 
  3. Ba­gue d’ouverture ma­nuelle, bon… ça va, mise au point dans une mire cen­trale où doi­vent s’aligner le ca­dre et l’intérieur de la mire, donc vi­ser le point de fo­cus avant de dé­cen­trer pour un ca­drage plus sym­pa­thi­que… bra­quage à cha­que cli­ché, pas de mi-​course sur le dé­clen­cheur, gar­der les deux yeux ou­verts (ap­pa­rem­ment très im­por­tant, j’me suis fait en­gueulé à cha­que fois que je fer­mais le gau­che !), donc euh… ré­gler vi­tesse et ou­ver­ture au jugé :D, un rêve de gosse !! Le genre d’échange où tu t’entends dire : « Ouais, si je suis à f:2,8 je vais pas non-​plus shoo­ter au 125e, je se­rais sur-​ex. », à ger­ber. 😛 

A.rmes à l’eau, R.evolvers en carafe

Con­tre sale rage bons corps li­qui­des.
En sé­chant, lar­mes font une lè­pre de honte si douce à la pau­pière (des­sous l’arbre bleu est pris dans de bour­sou­flées or­niè­res… — comme on met des œillè­res aux che­vaux d’argent, Arcs-​en-​ciel ap­pla­nies… : « Jus­tice !»).
Sous une, deux pu­pil­les au plus, où vient ter­nir un Co­balt mis en pou­dre par une demie-​Sœur im­bi­ta­ble — tou­jours ou l’Autre ? la Mort ? — par­fois trois, dans les tri­pes : A.mour, R.évolte en ex­cès. Gé­siers de connards !?… Exé­gè­ses mens­truel­les.
Irréveillé-​es !! Tous res­pon­sa­bles ! et moi… tu par­les.

Sou­vent in­quiet le soir de­mande quand les ma­tins ap­por­te­ront des cal­mes. An­nées mai­gries, an­nées fur­ti­ves, Lu­miè­res, siè­cles d’enfermement pour une part du Lion crain­tif… « Laisse le vent du soir dé­ci­der » comme mo­tif et l’antilope se pend alors à des ai­les de pas­se­reaux d’épitaphes.


Amour, Ap­pel de vie et chan­sons d’Action


  1. Lost So­meone Cat Po­wer 2:50
  2. Sil­ver Stal­lion Cat Po­wer 2:53

André Breton & Phillipe Soupault, sur les Flammes : elles peuvent rémécher des nuages

Vous vous n’êtes ja­mais de­mandé pour­quoi la lu­mière ne ré­flé­chis­sait pas quand elle éclaire ?

Une flam­mè­che aux cœurs sim­ples, à ces fous, ces ar­mu­res, lé­chant les nua­ges en bou­gies fac­ti­ces : per­sonne ne de­vrait sou­hai­ter qu’ils s’éteignent en trou­ba­dours, at­ten­dant la pluie li­bé­ra­trice en vain, en ca­rafe. En­fer­més. En at­ten­dant les ral­lu­meurs de ré­ver­bè­res… Bonne lec­ture, bonne écoute. Bonne nuit !

«L’homme courait à perdre haleine. Il ne s’arrêta que lorsqu’il aperçut une place. Héros des grandes expéditions, il oubliait toute prudence. Mais les vagissements d’un nouveau-​né lui firent comprendre la gravité de l’heure. Il sonna à une petite porte et aussitôt la fenêtre qu’il regardait s’ouvrit. Il parla, attendant en vain une réponse. Il n’y avait plus personne sur la place. Il reconnut son ami et les souvenirs frappèrent ses oreilles. Comètes postiches, éruptions falsifiées, clefs des songes, charlatanismes obscurs. Il comprit la lueur des symboles et les monstrueuses évocations. Une sueur régulière et déprimante n’est pas plus atroce que cette vision aiguë des baudruches soi-​disant créées. Le vide est sans doute moins étourdissant que ces danses acrobatiques. Des paroles passaient : c’était un vol triangulaire et furtif : il n’y avait donc plus rien à faire qu’à marcher sans but : les asiles d’aliénés sont peuplés de ces fragments de rêves qui conduisent les hommes devant un mur inexistant. Ophtalmies des jeunesses stériles. Les mots tombaient, entraînant tous nos élans dans leur chute.
Mais le vent avait ouvert toutes grandes les portes et ils se précipitèrent dans la nuit d’argile. Ils voyaient au-​delà des brouillards.Une flamme montait et redescendait léchant les nuages. »

An­dré Bre­ton et Phi­lippe Sou­pault,
« Éclip­ses »,
les Champs ma­gné­ti­ques,
coll. « poé­sie »,
nrf / Gal­li­mard, 1968, p. 57581.



La liste de lecture qui va bien2

Sou­pault et Bre­ton [Spo­tify]

Liste des ti­tres

#AddictedToYou #Tube? #WhetherItsFilmedInBlackOrWhite #ThisF******BookInMyPocketIWouldNeverFinish #Marque-page #Antipsychiatrie  #RechaufferLesSimplesEtLesFous #ChialerUnGrandCoupDePoing #Boogie+Boogie+Boogie+Boogie #PrièreDuSoir

Fotor_146298697253178

Un sa­laud d’éducateur ❤❤, qui me connaît très bien, a tenu à ce que je lise ce pas­sage à voix haute de­vant un pe­tit co­mité d’artistes un peu, heu… fous peut-​être, dans une grande pièce mu­rée de lar­ges fe­nê­tre, qu’on ap­pelle la serre et qui sert au ser­vice Rosa Parks à Cha­ren­ton d’atelier. Les pas­sa­ges en­grais­sés ici fu­rent ceux qui m’ont fait un nœud tout sec dans la gorge… No com­ment. J’avoue avoir acheté ce li­vre vers ma fin d’adolescence mais n’en avoir rien com­pris. 😁


  1. Ré­édi­tion de févr. 2004
  2. À écou­ter dans l’ordre, de pré­fé­rence, au calme déjà. Oui, pas évi­dent…