Arthur Rimbaud, les Sœurs de charité, poème

Texte-​amant.
Arthur Rimbaud mourant

Ar­thur Rim­baud mou­rant, des­sin d’Isabelle Rim­baud
 © Source : Gal­lica – B.N.F.

« Le jeune homme dont l’œil est brillant, la peau brune,
Le beau corps de vingt ans qui devrait aller nu,
Et qu’eût, le front cerclé de cuivre, sous la lune
Adoré, dans la Perse, un Génie inconnu,

Im­pé­tueux avec des dou­ceurs vir­gi­na­les
Et noi­res, fier de ses pre­miers en­tê­te­ments,
Pa­reil aux jeu­nes mers, pleurs de nuits es­ti­va­les,
Qui se re­tour­nent sur des lits de dia­mants ;

Le jeune homme, de­vant les lai­deurs de ce monde,
Tres­saille dans son cœur lar­ge­ment ir­rité,
Et plein de la bles­sure éter­nelle et pro­fonde,
Se prend à dé­si­rer sa sœur de cha­rité.

Mais, ô Femme, mon­ceau d’entrailles, pi­tié douce,
Tu n’es ja­mais la Sœur de cha­rité, ja­mais,
Ni re­gard noir, ni ven­tre où dort une om­bre rousse,
Ni doigts lé­gers, ni seins splen­di­de­ment for­més.

Aveu­gle ir­ré­veillée aux im­men­ses pru­nel­les,
Tout no­tre em­bras­se­ment n’est qu’une ques­tion :
C’est toi qui pends à nous, por­teuse de ma­mel­les,
Nous te ber­çons, char­mante et grave Pas­sion.

Tes hai­nes, tes tor­peurs fixes, tes dé­faillan­ces,
Et les bru­ta­li­tés souf­fer­tes au­tre­fois,
Tu nous rends tout, ô Nuit pour­tant sans mal­veillan­ces,
Comme un ex­cès de sang épan­ché tous les mois.

Quand la femme, por­tée un ins­tant, l’épouvante,
Amour, ap­pel de vie et chan­son d’action,
Vien­nent la Muse verte et la Jus­tice ar­dente
Le dé­chi­rer de leur au­guste ob­ses­sion.

Ah ! sans cesse al­téré des splen­deurs et des cal­mes,
Dé­laissé des deux Sœurs im­pla­ca­bles, gei­gnant
Avec ten­dresse après la science aux bras al­mes,
Il porte à la na­ture en fleur son front sai­gnant.

Mais la noire al­chi­mie et les sain­tes étu­des
Ré­pu­gnent au blessé, som­bre sa­vant d’orgueil ;
Il sent mar­cher sur lui d’atroces so­li­tu­des.
Alors, et tou­jours beau, sans dé­goût du cer­cueil,

Qu’il croie aux vas­tes fins, Rê­ves ou Pro­me­na­des
Im­men­ses, à tra­vers les nuits de Vé­rité,
Et t’appelle en son âme et ses mem­bres ma­la­des,
Ô Mort mys­té­rieuse, ô sœur de cha­rité. »


  1. Ainsi soit-​elle Mios­sec (Live at Slap, 2002) 3:04

Imagine le reste I : Laurence P.-V.

Voici la belle dame chez qui je de­vais sé­jour­ner… Le 115 m’a rac­cro­ché au nez… Fou­tre en l’air le sec­teur pu­blic qui est un re­fuge à gros bran­leurs.


[Note : Les trois pho­tos de Lau­rence à Aver­roès, un de ces pre­mier jour de prin­temps, mains au-​dessus et dyp­ti­que de son por­trait cou­leur avec ses por­tait cou­leur et noir et blanc. Lui de­man­der si elle veut que je ra­joute du texte. Peut-​être le texte du Fou de Kha­lil Gi­bran avec son des­sin.]

Tranche de rencontre II : Un photographe qui tire sa maison

Dans deux boi­tiers1, — si tout va bien ! 😁 at­ten­dent des por­traits d’un jeune homme avec une clo­chette sur sa canne à pique-​flics, ac­cro­ché à sa toute pe­tite mai­son qui — elle — rou­lait, ou bien à l’épaule. Nou­velle sai­son ! Épi­que.

Aux sans-​dents bé­né­fi­ques dans nos mai­sons de Lune.
À un pho­to­gra­phe ren­con­tré hier soir en mon­tant dans sa suite, cé­leste as­cen­seur sans ses cen­su­res, qua­si­ment sans chaus­su­res, en quasi-​sans-​culottes, nous avons fait Pa­ris, que la rue, du bruit, la nuit, et dé­rangé des gens2.

À Jean-​Michel Four­nié.

Guérir sous les tropiques

Ascen­dance bé­né­fi­que dans ma mai­son de Lune
Deux-​trois idéo­lo­gues nie­ront cro­quer ma thune
À n’y voir que des my­thes, à ré­cla­mer For­tune
Comme on lit, les mains sa­les, à ne pas en re­pren­dre…
D’ami, de nouveau-​né !
Ou pro­pres de l’excuse…?!

Un chat ver­rait d’Amour par ses yeux de por­phyre tout ce qui nuit au jour.
Ve­lours, par­fums se mê­lent en une an­cienne Grasse,
Noire.
Une ville bien sa­lope !
Sou­ve­nirs in­ter­lo­pes :
Une patte de ve­lours dans un gant au­ri­fère,
Qu’on exé­cute en pleurs comme des Vier­ges « Im­pu­res ».

Donc un bai­ser volé dans un resto de fa­bles, un Répu’ sans pa­la­ces, rien de buc­cal, la te­nan­cière est très ai­ma­ble.
Deux kids un peu sa­la­ces, et qui n’oseront s’étendre.

La Li­berté me coûte la lu­mière que tu n’as, dune d’un ar­gent vif, d’un So­leil mé­pri­sant que je tiens par la main.
Et trois sous de vaut-​rien dans la po­che d’un en­fant, d’un bon­homme de Mar­seille !

Tout pen­ché sous ta plume,
J’aurais, dans ta joie, rou­lant les pe­ti­tes rues, as­sisté un vieillard n’en ayant pas be­soin.

Une canne, une pi­que, cer­tains ri­go­le­ront, d’autres se pi­quent de trouille de le voir al­ler bien.

Dix mé­de­cins déjà du gai-​savoir se les­tent
Au che­vet d’un Cé­leste
Qui n’aura des­cen­dance.

Le vieux rit aux éclats de ces dé­fis du jour :
Fi­nit sa nuit vo­lant, des pas­sa­ges, des pho­tos, pa­riant sur l’amour, des pas­sants, des voi­lées, pa­ri­sien­nes es­souf­flées.

Et l’épicier en­rage de s’être fait volé par une nuit d’image aux faux-​airs d’épicier.

Qui n’a en fait de noirs que trois boi­tiers tech­ni­ques — et tous sont à lui, et nous tous dé­ro­bés : « Cet homme est un clo­chard. »

Deux can­cers le cha­touillent.

Le mien se ma­ni­feste — ou alors… nous ver­rons ! — al­lez donc sa­voir l’héritage qu’il nous reste.

Gué­rir sous les tro­pi­ques ?

J’en ai tou­ché de toi et je t’en rends les res­tes.


Quel­ques cli­chés que j’ai pris de J.-M. (qu’il m’a ap­pris à pren­dre au Leica M33), qu’il aura déjà changé pour un M6 aujourd’hui se­ront dis­po­ni­bles dès que pos­si­ble (on parle de 24×36 là, d’argentique, voilà… pas les moyens 😊), j’espère pou­voir ti­rer avec DxO 10 des .jpeg pris au Ni­kon D3 pas trop dé­gueux…^^ J’ai passé avec cet homme, qui n’est pro­ba­ble­ment pas si vieux, une des soi­rées les plus ex­tra­or­di­nai­res de ma vie. Merci…


  1. Je suis floue Pau­line Croze 1:53
  2. Dans la cha­leur des nuits de pleine lune Pau­line Croze 2:23
  3. Mise à nu Pau­line Croze 3:29
  4. Je fe­rai sans Pau­line Croze 3:19
  5. Jeu­nesse af­fa­mée Pau­line Croze 3:35
  6. Quand je suis ivre Pau­line Croze 3:28

  1. Tro­pi­ca­li­sés bien sûr. Dé­solé j’ai, pas ré­sisté. 
  2. Eh, et oim j’ai dé­clamé des haï­kus dans un mi­cro sur fond d’électro dans une ré­soi genre on sais pas d’où elle sort, d’ailleurs c’était à moi­tié de­hors, et lire des haï­kus au mi­cro dans un ha­mac qui ba­lance, avec T.H.C. bien gras, sand­wich au ca­mem­bert et au co­chon et des mé­lan­ges qui ne pas­sent pas l’éthylotest dans le bi­don… bah du coup je suis pas ren­tré à l’hôpital, j’suis po­si­tif à tout. Mince… 
  3. Ba­gue d’ouverture ma­nuelle, bon… ça va, mise au point dans une mire cen­trale où doi­vent s’aligner le ca­dre et l’intérieur de la mire, donc vi­ser le point de fo­cus avant de dé­cen­trer pour un ca­drage plus sym­pa­thi­que… bra­quage à cha­que cli­ché, pas de mi-​course sur le dé­clen­cheur, gar­der les deux yeux ou­verts (ap­pa­rem­ment très im­por­tant, j’me suis fait en­gueulé à cha­que fois que je fer­mais le gau­che !), donc euh… ré­gler vi­tesse et ou­ver­ture au jugé :D, un rêve de gosse !! Le genre d’échange où tu t’entends dire : « Ouais, si je suis à f:2,8 je vais pas non-​plus shoo­ter au 125e, je se­rais sur-​ex. », à ger­ber. 😛